Comédie sympathique, le film commençait bien, mais à force de torturer les réalités, elles explosent toutes à la fin. Dommage !
La partition de musique
Tout comme le poème cachait un lieu de rendez-vous, la partition de musique indique le lieu où sont cachées les preuves.
Si le poème permettait à deux personnes qui ne se connaissent pas de se rencontrer, pourquoi cacher la position des preuves quand les trois protagonistes travaillent ensemble et se côtoient au quotidien ? Il leur suffit de se murmurer le lieu au creux de l'oreille. À qui était destinée la partition, en définitive ?
Le Ju-Jitsu
Enola explique à ses visiteurs qu'elle sait se battre parce qu'elle a appris le Ju-Jitsu. Très bien !
Mais pourquoi, alors, à chaque fois qu'elle se bat dans le reste du film, elle prend une garde de boxeur, poings fermés ? A-t-elle appris la boxe également ? N'a-t-elle pas confiance en sa technique ?
Moriarty
Une bonne idée d'avoir mis une femme noire comme grand méchant.
Elle explique qu'elle a manipulé son monde pour prendre ce qu'elle considère lui revenant de droit, du fait qu'elle n'est pas considérée à sa juste valeur parce qu'elle est une femme. Très bien !
Ça pourrait expliquer la situation pour un criminel ponctuel. Mais Moriarty est le Napoléon du crime. Sherlock lui court après depuis bien avant cette histoire. Chantage, extorsion, vol, … La liste est longue.
Ma question : lorsque tu détournes des sommes faramireuses, pourquoi es-tu secrétaire ? Tu n'as pas besoin d'être là pour gagner ton salaire, tu as assez pour vivre de tes crimes. Si tu es là, c'est pour d'autres raisons – une position privilégiée pour accéder à des informations, tout en restant dans l'ombre. Donc tu ne peux pas te plaindre de ne pas être reconnue à ta juste valeur comme si ton comportement était le résulat et/ou une justification qui a fait de toi un criminel. Tu l'étais déjà avant.
Second point : la société ne reconnaît pas la valeur parce que tu es une femme, mais parce que tu n'as fait aucun effort pour montrer ta valeur et tes talents. On ne va pas te donner une place « parce que tu le mérites ». Le mérite n'est pas inscrit sur le front. Principe de causalité : il y a un travail préalable à faire.
Les dons d'observation
Elona est charmante. L'actrice joue très bien, notamment le décalage entre ses aspirations et la réalité, ou la surprise.
Un peu trop parfois. Lorsque sa cliente lui montre où elle habite, elle est étonnée d'apprendre que la pièce unique est aussi la chambre où les deux femmes dorment dans le même lit.
Elona, pourquoi es-tu étonnée ? Tu as un don d'observation et tu n'as pas remarqué le lit juste derrière toi ?
Problèmes relationnels
Elona a un problème relationnel. Elle fuit systématiquement lorsqu'elle a des sentiments pour quelqu'un – pas très « femme forte » tout ça ! Elle n'ose pas venir au rendez-vous qu'elle a convenu elle-même avec son frère; elle n'ose pas dire à son petit-ami qu'elle l'aime. Elle critique son frère parce qu'il est seul … mais n'est-elle pas seule, elle aussi ?
L'argent
L'argent, c'est mal. Il faut travailler gratuitement.
Elona veut embrasser la profession de détective. Profession, ça veut dire qu'on peut vivre de son activité. Et elle propose d'être payée en fonction des capacités des gens, ce qui ne manque pas de faire rire son frère qui dit : « ils peuvent te payer en pommes et terre ou en gratitude».
Il a raison : si tu veux en faire une profession, il faudra apprendre à réclamer ton dû pour le travail fourni. Ça fait partie du paquet «femme forte et indépendante».
À la fin, au lieu d'avoir un cabinet qu'elle paye seule – comme au début –, elle est obligée de se loger dans le dojo de Ju-Jitsu. Vive l'indépendance !
La prison
Elona est en prison parce que toutes les preuves jouent contre elle. N'importe qui d'autre, pris sur les lieux d'un crime, avec le sang de la victime sur les mains, aurait été soupçonnée. Ajoutons à cela les empreintes…
Et il suffit qu'elle dise à ses amis qu'elle est innocente pour qu'on la sorte de prison ?
La seule réaction logique est celle de son frère : « Rien n'est certain tant que ce n'est pas prouvé ! »
La mère
La mère d'Elona se bat à sa manière, en faisant exploser des bombes. Et elle piège… des boîtes aux lettres.
Dans le premier épisode, Elona lui avait démontré qu'on pouvait avancer la cause des femmes plus efficacement qu'en posant des bombes. Elle n'a donc pas appris la leçon.
De plus, s'attaquer aux boîtes aux lettres, c'est l'équivalent d'un gamin de 10 ans qui fait des graffitis sur un murs pour se venger de ses voisins. C'est de ce niveau-là. Des gamines de 10 ans d'âge mental qui réclament d'être prises au sérieux comme des adultes responsables.
Une pâle copie
Aussi forte soit-elle, elle a beau être l'héroïne, elle n'est qu'une pâle copie de son frère.
Il résout la charade en trois secondes là où lui a fallu trois heures – elle se rattrape toutefois avec la partition de musique –, elle analyse bien le lieu du crime, mais ne voit pas que les preuves ont été trafiquées, là où Sherlock voit immédiatement les incohérences.
Je rêverais de voir des spin-off avec Henri Cavill en Sherlock Holmes. Juste lui.